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Marilyne Théry | Thérapie brève Intégrative • 1 octobre 2026

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Burn-out et culpabilité - Quand le repos devient un acte suspect

Dans le burn-out, le repos devrait être une évidence. Pourtant, plus l’épuisement s’installe, plus s’arrêter devient difficile. Derrière cette impossibilité de ralentir, il y a souvent un moteur discret, intime, tenace : la culpabilité.


Elle ne se contente pas de pousser à continuer. Elle organise le rapport au repos, à la valeur, au devoir. Elle colore chaque pause d’un malaise diffus, comme si quelque chose en soi protestait dès que l’on se pose.

Ce n’est pas une culpabilité bruyante. C’est une culpabilité qui chuchote, qui serre, qui remet en mouvement avant même que la fatigue ait eu le temps d’être reconnue.


Une culpabilité qui raconte une histoire


La culpabilité du burn-out ne naît pas au moment où l’on s’effondre. Elle s’est construite bien avant, dans la manière dont on a appris à être au monde.


Elle porte les traces de ce que vous avez longtemps été :

  • la personne fiable,
  • la personne qui tient,
  • la personne qui ne dérange pas,
  • la personne qui ne lâche rien.



Alors, quand vous vous arrêtez, quelque chose en vous proteste. Comme si vous quittiez un rôle. Comme si vous rompiez une fidélité intérieure.

Ce n’est pas rationnel. C’est identitaire.

Quand le repos devient une trangression

Dans le burn-out, le système nerveux reste en vigilance même épuisé. La culpabilité, elle, ajoute une couche supplémentaire : elle transforme le repos en transgression.


Vous vous posez … et aussitôt quelque chose se serre :

  • une tension,
  • une pensée automatique,
  • une impression d’être “à côté”,
  • comme si vous voliez du temps,
  • comme si vous n’aviez pas le droit.

Le repos n’est plus un soin. Il devient un espace suspect.

Burn-out et culpabilité - Marilyne Théry

La culpabilité comme gardienne du rôle

La culpabilité n’est pas là pour punir. Elle est là pour maintenir un mode de fonctionnement qui vous a longtemps protégé(e).

Elle vous garde dans ce personnage solide, utile, disponible. Elle vous évite de ressentir ce qui pourrait surgir si vous vous arrêtiez vraiment :

  • la fatigue profonde,
  • la vulnérabilité,
  • le besoin d’aide,
  • la limite,
  • parfois même la tristesse ou la colère.


Elle protège … mais au prix de votre énergie.


“Je peux tenir encore un peu” : la phrase-refuge


Cette phrase apaise la culpabilité. Elle donne l’impression d’être “dans le bon rôle”. Elle maintient l’illusion que vous êtes encore à la hauteur.

Mais chaque “encore un peu” éloigne du repos réel. Et rapproche du moment où le corps, lui, n’aura plus le choix.


Les conditions impossibles


La culpabilité impose des règles que personne ne peut remplir :

  • être irréprochable,
  • être disponible,
  • être parfait(e),
  • être utile,
  • être “à la hauteur”.


Ces règles n’ont pas de fin. Elles repoussent le repos jusqu’à l’épuisement.

Tant que votre droit au repos dépend d’elles, il restera hors de portée.


Ce que la culpabilité empêche de voir


La culpabilité détourne d’une vérité simple :

Le repos n’est pas une récompense. Ce n’est pas un privilège. Ce n’est pas un luxe. C’est un besoin biologique, psychique, émotionnel. Un besoin humain.

Mais tant que la culpabilité tient le gouvernail, ce besoin devient secondaire, suspect, presque honteux.


Un petit exercice pour apprivoiser la culpabilité


Avant de poursuivre, vous pouvez prendre un moment pour observer ce qui se passe en vous lorsque vous pensez à vous reposer.

1. Choisissez un moment où une pause serait nécessaire

Rien de grand : deux minutes, un souffle, un café.

2. Notez ce qui apparaît immédiatement

Une tension ? Une pensée automatique ? Une justification ? Une petite voix qui dit “tu devrais…” ?

3. Demandez-vous doucement :

“De quoi ai-je peur si je m’arrête maintenant ?”

Parfois, ce n’est pas la pause qui fait peur, mais ce qu’elle pourrait révéler.

4. Accordez-vous malgré tout deux minutes

Pas pour “bien faire”. Juste pour voir ce que cela change en vous.

Cet exercice ne cherche pas à corriger la culpabilité. Il permet simplement de la rencontrer autrement : avec curiosité plutôt qu’avec jugement.


Pour aller plus loin

Vous pouvez poursuivre avec l’article suivant : (dans quelques jours ...)

Quand le corps dit stop : quand l’arrêt devient physique, non négociable.




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